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DVD et CD piratés et vendus librement au Maroc


Le piratage fait des ravages dans le domaine des droits d'auteur. Les DVD, CD et logiciels se vendent à 10 Dirhams (1 euro environ) à tous les coins de rues. Difficile de résister à la tentation ! Mais quelles sont les conséquences de ce piratage organisé et comment le combattre ? Faisons le point sur un phénomène qui anéanti toutes les initiatives de création.

 

 

 

Pourquoi le consommateur assoiffé de nouveautés a-t-il toujours le dernier mot ?
A la question « Pourquoi achetez-vous des DVD piratés ? » la réponse de monsieur toutlemonde ou du touriste dans les rues de Casablanca ou de Marrakech au Maroc est toujours la même :
Les DVD que j’achète sont à bas prix. S’ils étaient au prix normal, je ne les achèterais jamais ! Pourquoi ne pas acheter les DVD piratés ? Ils sont moins chers que les originaux, si toutefois on trouve des originaux.


Les méthodes de piratage


Comment ça marche ? Il y a quelques années, les DVD étaient présentés comme inviolables, leurs données audio et vidéo étant protégées selon la norme du Content Scambling System. Mais pour être lu, le DVD inclut les clés de décryptage réservées aux différentes marques de lecture. Et pour pirater un DVD, il suffit qu’une seule des clés soit dévoilée.

Les méthodes de piratage diffèrent d’un pirate à l’autre.
Il y en a qui se sont spécialisés dans le flashage des cartes. Leur astuce consiste à charger un logiciel pirate dans la mémoire des terminaux numériques pour remplacer ou compléter le logiciel original.
Et il y en a d’autres qui préfèrent fabriquer eux même les cartes en question avec un décodeur numérique qui produit des sortes de clones de l’original.
Sur Internet, les pirates peuvent réaliser d’autres opérations en visitant régulièrement des sites qui proposent ouvertement des services de décryptage. Ils repêchent les codes grâce à des logiciels de décryptage piratés aussi.
En fait, la piraterie audiovisuelle est organisée en un vaste réseau international sur le Web.
Les professionnels du domaine se chargent de trouver les failles, de programmer les logiciels et de créer les algorithmes. Ils invitent par la suite les autres pirates à télécharger ces précieux logiciels.


Conséquences de la contre-façon


Les conséquences sont évidemment néfastes. Hollywood vit actuellement un véritable cauchemar. Le piratage est devenu la bête noire des maisons de production.
A chaque instant, elles voient leurs produits retranscrits et vendus illégalement avant même d’être officiellement distribués sur le marché.

Les pertes infligées aux producteurs de films et surtout aux grandes compagnies américaines sont énormes.
Le nombre de DVD piratés et saisis chaque année dans le monde est de 20 millions d’unités. Un chiffre qui correspond à une perte de 3 milliards de dollars.

On ne compte plus les sites Web qui proposent des films ou expliquent comment pirater les DVD.

La réaction internationale contre le marché noir de la vidéo devient de plus en plus forte. Au Maroc, le développement du paysage audiovisuel a mis à nu la défaillance de la gestion des droits d’auteur.

Avec l’apparition sur le marché des graveurs accessibles à tous, il est devenu très facile de copier un logiciel et de l’installer sur son ordinateur.
La contrefaçon s’est répandue à tous les niveaux. Les pertes dues au piratage sont de plus en plus importantes, et les régions connues pour abriter la mafia du piratage sont Casablanca (Derb Ghallef), Fès, Rabat et le Nord du Maroc.

Même avec les nouveaux systèmes antipiratages basés essentiellement sur le changement des codes à des intervalles trop courts et les ruptures répétitives, les experts de Darb Ghallef arrivent toujours à prendre le dessus.
L’opération cryptage / décryptage est devenue assez fréquente et le cryptage ne dure pas longtemps.

Tout le monde dit qu’au Maroc le piratage est devenu un sport national.
Un pays qui détient un triste record de vitesse : le premier pays à diffuser une copie piratée du film « Mission Impossible III », cinq heures seulement après qu’il ait été posté sur les serveurs.
Les stands de vente de DVD piratés sont dressés à chaque coin de rue au Maroc pour le plus grand étonnement des touristes de passage.
Les films et séries télévisées à succès sont copiés dès leur sortie au Canada et vendus à seulement 10 Dirhams (environ 1 euro). À ce prix, l’acheteur a même le privilège de visionner les films avant de les acheter pour s’assurer de leur bonne qualité. Un service 5 étoiles !


Les accords de libre échange changent la donne


Après son entrée dans l’Organisation Mondiale du Commerce, le Maroc a promulgué une loi autorisant la poursuite des trafiquants. Les descentes de police se multiplient.

Une campagne de lutte contre le piratage et le copiage diffusée dans de nombreuses régions du Royaume a permis en 2006 la saisie de 2.080.000 CD piratés contre 888.084 en 2005.

En novembre 2000, le Maroc a instauré une loi interdisant toute utilisation de logiciel ou programme informatique sans licence. Les actions menées en application de cette loi peuvent aller de la mise en garde ou de l’assignation en justice à des actions plus sévères prononcées à l’encontre des utilisateurs.
Face à une quelconque infraction, la loi prévoit entre deux et six mois de prison et une amende de 10.000 à 100.000 DH. Et en cas de récidive, l’emprisonnement est d’un à quatre ans avec une amende qui varie de 60.000 à 600.000 DH.
Les peines prononcées à l’encontre des auteurs du piratage et du copiage de produits intellectuels sont rarement appliquées en dehors de quelques coups d’éclat de la police et en dépit de l’engagement du Maroc en la matière.

Ces dispositions ont été renforcées par l’accord de libre échange.
En effet, les négociations sur la propriété intellectuelle entre le Maroc et les Etats-Unis ont permis une harmonisation de la législation nationale avec les standards internationaux.
L’accord de libre échange favorise l’amélioration du système juridique national de protection des droits de la propriété intellectuelle.
Cet accord a été suivi de plusieurs séminaires qui se sont penchés sur les expériences du Maroc et des Etats-Unis dans ce domaine. Ces initiatives ont été prises par le Bureau Marocain des Droits d’Auteurs dont la mission est de percevoir et de répartir les droits d’auteur.
La loi accorde au BMDA le droit d’assermenter ses agents qui, sans passer par le procureur du Roi peuvent procéder dés la constatation des infractions, à la saisie de tout matériel servant à la reproduction illicite.

Le Centre Cinématographique Marocain (CCM) est également impliqué dans cette campagne de lutte contre le piratage.
Le CCM a participé à des opérations de grande envergure dans le but de déstabiliser les filières commerciales, et d’appliquer la loi pour protéger une profession de plus en plus menacée, celle d’exploitation des salles de cinéma dont le nombre est passé de 350 à 90 salles seulement à cause de la désertion du grand public.


 

 

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