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Traitement, rééducation et chirurgie vaginale ou abdominale

La descente d’organes encore appelée prolapsus génital est un problème typiquement féminin qui reste encore tabou et est souvent vécu comme une fatalité par les femmes. Faisons le point sur les solutions, les traitements, la rééducation possible pour remédier à ce trouble.
Lourdeurs dans le bas-ventre, problèmes urinaires à répétition, voire extériorisation génitale : ce trouble fréquent chez la femme, pas forcément âgée, n’est pas une fatalité. Des solutions existent.
S ’il reste un trouble encore tabou, c’est bien le prolapsus génital ou descente d’organes. On estime que 25 à 30 % des femmes entre 45 et 85 ans en souffrent, avec un pic de fréquence entre 60 et 80 ans.
Si les consultations liées à ce trouble ont augmenté de 45 % en dix ans, les non-dits restent néanmoins très forts et bon nombre de femmes vivent le prolapsus comme une fatalité. A l’instar de nombreuses autres pathologies, plus le traitement est précoce, meilleurs sont les résultats. Encore faut-il en parler à temps à son médecin.
Les campagnes d’information sur l’incontinence urinaire - c’est l’un des signes du prolapsus via un affichage dans les toilettes des hôpitaux, par exemple, ont donné la possibilité aux femmes d’évoquer plus facilement ce symptôme.
L’accouchement, facteur de risque
La station debout propre aux hominidés n’est pas sans conséquence physiologique chez la femme. Normalement, l’utérus, la vessie et le rectum, logés dans le petit bassin, sont soutenus par les ligaments et des muscles (périnée).
En position debout, le poids des organes exerce une pression quasi-permanente sur le plancher pelvien. Celle-ci est d’autant plus redoutable que la fente urogé-nitale, zone de moindre résistance, facilite également cette descente des organes. Dans ces conditions, tout événement susceptible de relâcher les muscles du périnée et les ligaments du petit bassin peut favoriser ce trouble ; c’est le cas de l’accouchement, par exemple.
Accoucher par voie naturelle, d’un enfant de plus de
Ménopause et constipation
La ménopause participe aussi à la perte d’élasticité du plancher pelvien ; conséquence de la diminution de la production des estrogènes responsables de la tonicité et de l’élasticité des tissus.
Si la surcharge pondérale et l’obésité exposent aussi au prolapsus, attention également à la constipation chronique.
L’accumulation des matières dans le rectum va constituer une sorte de poche au niveau de la paroi antérieure du rectum. Les selles durcissent, obligeant à fournir un effort supplémentaire pour les évacuer.
L’asthme, la dilatation bronchique, la bronchopathie chronique ou encore le tabagisme exposent aussi au prolapsus.
Toutes ces circonstances sont responsables de microdéchirures des nerfs du périnée et des organes pelviens, aboutissant à l’atrophie des muscles du périnée.
Paradoxalement, la pratique d’un sport peut être à l’origine d’un déséquilibre musculaire entre les abdominaux toniques et les muscles périnéaux qui le sont moins ; déséquilibre qui favorise le prolapsus. Mais pas toujours. Ainsi les marathoniennes, par exemple, semblent mieux protégées que les autres sportives.
Extériorisation des organes
D’une façon générale, le prolapsus commence par un affaissement de la vessie, suivi par un abaissement du col de l’utérus puis du rectum. Ce phénomène est souvent simultané. Mais, parfois, seule apparaît la vessie au niveau du vagin, cachant le prolapsus utérin. Dans d’autres cas, le rectum va s’affaisser en arrière et « bomber » sur la partie postérieure du vagin. Ne l’oublions pas, tous les organes du petit bassin sont concernés par le trouble de la statique pelvienne et sont liés entre eux par des tissus plus ou moins lâches.
Selon le stade de l’affaissement des organes, les symptômes sont plus ou moins accentués : douleurs et sensations de pesanteur pelviennes majorée à l’effort et, d’une manière générale, en fin de journée, incontinence urinaire ou fécale, au contraire, troubles de la miction ou constipation, et surtout cette sensation d’une boule dans le vagin. Dans certains cas, l’organe qui s’affaisse repousse la paroi du vagin vers l’extérieur, pour apparaître à l’entrée de la vulve, voire s’extérioriser. A ce stade, la femme fait elle-même le diagnostic de prolapsus. Par contre, dans les formes débutantes, le prolapsus ne pourra être révélé que par un interrogatoire minutieux et un examen clinique (toucher vaginal et au spéculum) afin d’identifier les organes concernés par la chute.
Rééducation périnéale en priorité
En premier lieu, le traitement vise à diminuer ou à supprimer la gêne occasionnée par le prolapsus et pas nécessairement le prolapsus en lui-même, souvent bien toléré au fil des années.
Dans la plupart des cas, on peut donc se donner le temps de juger de l’efficacité des traitements mis en route. Tout dépend bien sûr de l’importance du prolapsus et de son évolution. Certains prolapsus s’améliorent avec le temps en l’absence d’intervention chirurgicale. D’autres au contraire vont s’aggraver.
L’âge influe également dans le choix du traitement. A titre d’exemple, un prolapsus vésical isolé visible à la vulve chez une femme de 50 ans va bénéficier de la kinésithérapie périnéale. L’intervention chirurgicale peut être envisagée par la suite si le prolapsus est encore présent au bout de 3 mois et s’avère gênant.
Pour un prolapsus débutant, la kinésithérapie périnéale, appelée aussi rééducation périnéale, peut suffire, quel que soit l’âge. Elle diminue, voire supprime, le symptôme gênant, comme, par exemple, l’incontinence urinaire d’effort mais ne corrige pas le prolapsus.
Chirurgie vaginale ou abdominale
La chirurgie ne doit jamais être réalisée en premier traitement mais uniquement, en cas d’absence d’amélioration après la rééducation.
Seul le prolapsus dit de « stade 3 », c’est-à-dire quand « la boule » sort nettement du vagin, doit être opéré sans trop tarder, car il existe un risque de nécrose ou d’infection. En dehors de ce cas, c’est l’importance de la gêne ressentie et des troubles fonctionnels qui va déterminer l’intérêt d’une intervention chirurgicale.
Mieux vaut ne pas se précipiter pour être opérée. Ne l’oublions pas, comme toute chirurgie, celle du prolapsus comporte des risques anesthésiques, infectieux et s’accompagne parfois de douleurs pelviennes chroniques après l’intervention.
L’intervention chirurgicale vise à traiter le prolapsus dans sa globalité, c’est-à-dire le prolapsus lui-même, mais aussi l’incontinence urinaire d’effort quand elle existe et les autres problèmes de statique pelvienne. Il s’agit de restaurer la zone déficiente soit en faisant appel autant que possible aux tissus de la patiente, soit en recourant à des prothèses.
Sans entrer dans le détail, on retiendra qu’il existe plusieurs techniques.
Le chirurgien interviendra soit par voie haute (incision horizontale de l’abdomen), soit par voie basse (voie vaginale), sans ouverture, pour fixer un ruban de soutien qui permet d’accrocher l’utérus ou la vessie. Une intervention qui peut se réaliser également par coelioscopie. Cette technique chirurgicale permet d’opérer à partir d’une image apparaissant sur un écran, transmise par une fibre optique introduite dans l’organisme par de petites incisions. Comparée à la chirurgie classique, le bénéfice esthétique et la diminution de la durée d’hospitalisation ne doivent pas faire négliger la durée d’intervention plus longue en pratique.
Soigner les fuites urinaires
L’incontinence urinaire d’effort, autrement dit les fuites urinaires d’origine mécanique survenant lorsque la femme fait des efforts, rit, éternue ou tousse par exemple, peut précéder ou accompagner le prolapsus.
Il arrive parfois que ce dernier masque l’incontinence urinaire installée depuis des années, car son volume exerce une pression sur l’urètre, diminuant alors la fuite urinaire, au prix toutefois de difficulté à uriner, conduisant la patiente à des contorsions.
De nouvelles techniques chirurgicales permettent de soigner efficacement l’incontinence urinaire d’effort. Elles passent par la pose de bandelettes placées sous l’urètre, sortes de plaques synthétiques fines en polypropylène, posées à partir de deux techniques. Celle du TVT (Tension Free Vaginal Tape) permet de poser les bandelettes en passant derrière le pubis ; la seconde, le TOT (Trans-Obturator Tape) installe les bandelettes en passant de chaque côté par les trous obturateurs du bassin.
En cas de suspicion quant à une éventuelle descente d’organes, consultez votre médecin traitant ou votre gynécologue.
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